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Il y a cinq ans, le président chinois Xi Jinping a présenté pour la première fois lâinitiative pour une nouvelle route de la soie (Belt & Road Initiative) vers la Chine. Comparé au plan Marshall mis en place par les Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale, cette nouvelle route de la soie vise à combler le manque d'infrastructures dans les pays en développement en Asie, en Europe et en Afrique afin dâaméliorer la liaison entre les pays. Faire d'une pierre trois coups: la Chine accroît ainsi son influence dans ces régions, elle crée aussi des emplois pour les travailleurs chinois et génère du business pour les entreprises chinoises. Bien que cette nouvelle route de la soie semble être avantageuse pour toutes les parties, les critiques s'intensifient après que plusieurs projets liés à cette initiative fassent lâobjet de controverses.
Le projet notoire du port sri-lankais de Hambantota est présenté comme une mise en garde contre les répercussions potentielles de la «politique de surendettement» de la Chine. L'ancien président sri-lankais Mahinda Rajapaksa a mené à bien le projet portuaire malgré de multiples études de faisabilité montrant qu'il s'agissait d'un échec sur le plan commercial. Il sâavère que les prêteurs habituels ont accordé le projet à Pékin, le seul disposé à le financer, mais à des taux d'intérêt relativement élevés. Le port n'a pas réussi à susciter lâintérêt des armateurs et le poids croissant de la dette du Sri Lanka a finalement forcé le gouvernement à céder le contrôle du port et des 15â000 acres de terre qui l'entourent à une entreprise d'Ãtat chinoise, en vertu d'un bail de 99 ans et d'un échange de 1,12 milliard de dollars US de créances contre des actions. Bien que l'attrait commercial du port semble limité, il est stratégiquement bien situé et l'on craint que la Chine ait l'intention de le convertir en base navale, bien que le contrat de location interdise toute activité militaire.

