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Le 4 décembre, les électeurs italiens seront appelés à se prononcer sur un référendum constitutionnel qui a suscité un vif intérêt auprès des observateurs internationaux. Bien quâil sâagisse plutôt dâun vote technique avec des incidences complexes, les médias italiens ont réussi à transformer ce référendum en un simple vote de confiance à lâégard de lâactuel Premier ministre Matteo Renzi. Dâaprès les derniers sondages, le non lâemporterait. En quoi consiste précisément ce référendum et quelles seraient les conséquences à moyen terme si les voix contre lâemportaient ?
à lâheure actuelle, le système parlementaire italien se compose de deux chambres réunissant un total de 945 élus partagés entre députés et sénateurs. La Chambre des députés a les mêmes pouvoirs que la Chambre des sénateurs et les projets de loi doivent être approuvés par les deux chambres pour être adoptés. En raison de ce système bicaméral, lâItalie est confrontée à un certain degré dâinertie lorsquâil sâagit de réformer les impôts, les tribunaux, le droit du travail et dâautres aspects juridiques de la vie économique. Dans le cadre du référendum proposé, le système bicaméral disparaîtrait, le pouvoir dont disposent les sénateurs serait diminué et leur nombre serait réduit. Enfin, un certain nombre de fonctions actuellement attribuées aux régions seraient re-centralisées afin dâaccroître lâefficacité du système. Au final, la validation de chaque nouvelle proposition de loi par le Sénat ne serait plus nécessaire. Le dernier changement se présente sous la forme dâune nouvelle loi électorale, baptisée « Italicum », qui fait lâobjet de nombreux débats, y compris au sein même du Parti démocrate de lâactuel Premier ministre Matteo Renzi.
Au premier abord, les objectifs énoncés dans le référendum sont plutôt positifs car ils permettraient de créer un cadre législatif plus efficace susceptible de faciliter les réformes. Toutefois, la situation est différente. Dès le début de la campagne, Matteo Renzi a incarné cette réforme, poussant ainsi les électeurs à exprimer (ou non) leur confiance en lâactuel Premier ministre. Mais le paysage européen est aujourdâhui caractérisé par une défiance générale de la part du public à lâégard des dirigeants actuels, de leur politique et de la bureaucratie de Bruxelles. Même si le référendum comporte un certain nombre dâavantages, les électeurs profitent des scrutins pour exprimer leur lassitude à lâégard du pouvoir en place et leur besoin de changement.

