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Chronique de François Reyl, CEO, Banque REYL
Pour les banquiers privés et les gérants de fortune, les entrepreneurs forment une cible privilégiée présentant un énorme potentiel, que ce soit en termes de capital ou de revenus. Ce sont de formidables créateurs de richesse, mus par une farouche détermination à réaliser leur projet et par une réelle capacité à se projeter sur le long terme. Ces clients de choix méritent donc dâêtre traités selon des techniques de gestion qui prennent mieux en compte leurs spécificités. Pour cela, les banquiers et gestionnaires se doivent aujourdâhui de maîtriser les aspects fondamentaux de lâentreprise et comprendre de quelle manière elle sâintègre dans le patrimoine de leurs clients. De vastes perspectives sâouvrent ainsi.
Lâappellation « entrepreneurs » est en réalité un terme générique plutôt vague qui regroupe des typologies très différentes. Ce qui définit en réalité lâentrepreneur nâest pas tant son entreprise que sa volonté dâentreprendre. Cet esprit peut se canaliser de plusieurs façons, à charge pour les banquiers et gestionnaires dâadapter ensuite leur offre en fonction des situations diverses et variées quâils rencontrent.
Sans vouloir trop simplifier, on peut distinguer trois grandes catégories dâentrepreneurs. Au premier rang, figurent les créateurs dâentreprises qui en ont mené le développement et qui en assurent toujours la direction. Ils possèdent une part importante de leur société, selon lâimportance quâelle a prise et la stratégie de financement quâils ont décidé de mettre en place.
Viennent ensuite les financiers qui choisissent de sâimpliquer dans la vie de lâentreprise. Sâils appartiennent plutôt à la famille des investisseurs, il nâen demeure pas moins quâils assument totalement leur fibre entrepreneuriale. Quand ils entrent au capital dâune société, câest le plus souvent pour jouer un rôle décisif dans les choix stratégiques et peser sur le processus de décision.
Enfin, il convient de glisser dans ce tableau les patrons et les grands cadres qui ont fait de lâentreprise leur métier et qui sont intéressés à sa réussite au travers notamment des plans de stock-options.
A chacun de ces profils répondent des stratégies de gestion bien distinctes. Pour prendre le cas des grands dirigeants, il est évident quâil est nécessaire dâajuster le programme de stock-options à la structure du patrimoine, ne serait-ce que dans un souci de diversification, afin de limiter les déséquilibres que son volume peut entraîner.
Pour revenir aux entrepreneurs de pure souche ainsi quâà leurs financiers, banquiers et gestionnaires ont tout intérêt à se familiariser avec les opérations de haut de bilan sâils veulent convaincre de leur valeur ajoutée. Le propos nâest pas de se transformer en banquier dâaffaires mais dâavoir suffisamment de bagage pour accompagner leurs clients dans les principales étapes qui jalonnent le parcours de leur entreprise. Puisquâelle est souvent la pièce maîtresse de leur patrimoine, autant savoir lâaborder comme une classe dâactifs à part entière, depuis les levées de fonds jusquâaux fusions & acquisitions. Bien évidemment, il est préférable de sâentourer des bons spécialistes pour intervenir sur ces dossiers. Comme dans toute entreprise, il faut être capable dâinvestir pour aller au-devant de ses clients. Après tout, rien nâinterdit aux banquiers privés et aux gestionnaires de faire valoir eux-aussi leur esprit dâentreprendre.