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Lâannée écoulée laissera un goût pour le moins amer aux investisseurs avec des portefeuilles en baisse de 14.40% en moyenne pour un profil équilibré en Euro (1). Mais câest bien le recul de lâobligataire, de lâordre de 18% (2), qui a marqué les esprits avec un spectre nommé inflation revenant hanter les marchés. Précisément le pire ennemi des marchés obligataires. Ajoutez à cela la hausse des taux directeurs et, après des années de loyer de lâargent et des coupons historiquement bas, tous les ingrédients étaient réunis pour nous offrir la pire année sur cette classe dâactif depuis fort longtemps.
2023: lâannée du renouveau obligataire
La brutalité du choc dâoffre inflationniste exceptionnel que nous avons connu lâannée passée a poussé les banques centrales à opérer de violents ajustements de leurs politiques monétaires. Si le processus de désinflation semble enclenché aux Etats-Unis, lâactivité économique commence également à montrer des signes de ralentissement. Malgré cela, les faucons tiendront encore le haut du pavé lors des prochaines réunions du Federal Open Market Committee (FOMC).
Tôt ou tard la politique monétaire sâinfléchira et profitera aux investisseurs obligataires. Aujourdâhui déjà le couple risque-rendement de lâobligataire est attractif. Les planètes semblent donc alignées pour faire de 2023 lâannée du renouveau obligataire.
Comme pour les actions, les marchés obligataires connaissent un début dâannée en fanfare. Malgré le récent rebond qui a vu passer le rendement des obligations américaines dâentreprises 1-10 ans de 5.33% à 4.80% (et le 10y US Treasury de 3.87% à 3.40%), les marchés nous semblent toujours attractifs pour soutenir un positionnement « barbell » comprenant de la dette dâentreprise de qualité (Investment Grade) à courte échéance et un positionnement long sur de la dette souveraine, dans une optique de ralentissement économique et de hausse de la prime de risque crédit. A titre indicatif, les rendements suivants sâobtiennent sur du Corporate Investment Grade 1-3 ans en franc, euro et dollar, respectivement 1.40%, 3.73% et 4.87% (3). De tels rendements nâont plus été vu depuis 2008. Relevons également quâaprès 8 ans, la dette à rendement négatif a disparu (à lâexception de la dette souveraine japonaise courte).
En hibernation depuis quelques années, le traditionnel portefeuille 60/40 (qui amenait bon an mal an un rendement de 8.8% en dollar de 1926 à 2021) fera-t-il ainsi son grand retour? Cela dépendra de lâorientation de lâinflation sur les prochains trimestres. Contentons-nous de professer que désormais un portefeuille multi-actifs reprend du sens et que lâune des priorités dâun investisseur lambda sera de (re)construire un portefeuille équilibré et résilient générant revenu et diversification. Quant à « TINA » (There Is No Alternative), elle nâira plus danser au grand bal de lâinvestissement.

