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29/03/2019
Market Insight - Inversion des flux d'investissement chinois ?

Par Daryl Liew, Senior Portfolio Manager, Singapore

Il est parfois préférable de ne pas abuser des bonnes choses. Les afflux de capitaux chinois, par exemple, qu'ils proviennent d'entreprises ou de particuliers, étaient jadis accueillis à bras ouverts car ils étaient considérés comme susceptibles de stimuler l'activité économique. Les événements récents laissent toutefois à penser que lesdits bras se croisent de plus en plus dans un mouvement hostile croissant face aux investissements chinois.

L'une des craintes, qui est notamment à l'origine du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, semble être la concurrence stratégique, à savoir le risque que la Chine n'acquière des droits de propriété intellectuelle étrangers qui permettraient à ses entreprises de supplanter leurs concurrents occidentaux et, à terme, de les acculer à la faillite. Ces préoccupations ont incité les États-Unis à étendre le périmètre de surveillance de la Commission sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) pour y inclure les accords de coentreprise et même les participations minoritaires. Auparavant, la CFIUS pouvait bloquer uniquement les transactions étrangères portant sur l'acquisition d'une participation majoritaire dans des entités américaines et considérées comme constituant une menace pour la sécurité nationale. Les États-Unis ont également adopté l'Export Control Reform Act (ECRA) en août 2018, une loi qui non seulement restreint potentiellement l'exportation de marchandises, mais qui couvre également les accords de licence technologique, voire les contrats de travail. Un examen des accords de licence existants est actuellement en cours et devrait être achevé d'ici au mois de mai. Il pourrait déboucher sur des règles plus strictes pour les entreprises chinoises qui exploitent des droits de propriété intellectuelle américains. Outre-Atlantique, l'Europe a également adopté des mesures similaires avec le lancement d'un nouveau cadre européen de filtrage des investissements directs étrangers, un projet élaboré en réaction au risque croissant d'acquisition de technologies européennes par les entreprises chinoises.

La prospérité des particuliers chinois se heurte également à une réaction similaire, les investisseurs chinois étant accusés de faire flamber les prix de l'immobilier dans des villes comme Vancouver et Auckland. En août dernier, la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a tenu sa promesse électorale d'endiguer la hausse des prix de l'immobilier en interdisant aux étrangers non-résidents d'acquérir un logement. Les investisseurs privés chinois sont assurément des boucs émissaires faciles, même si les statistiques ne semblent pas indiquer que les investissements étrangers représentent une part importante des ventes résidentielles totales en Nouvelle-Zélande. 
 

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