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Au cours de la dernière décennie, le secteur financier a connu de véritables bouleversements. Depuis la crise de 2008, il a connu de multiples évolutions réglementaires telles que AIFMD, CRS, FATCA, UCITS V, PRIPS, BEPS, MIFID II, FinSA et FinIA. Pour les acteurs financiers, ces acronymes sont entrés dans le vocabulaire courant. Lâobjectif principal était de protéger lâinvestisseur final et dâharmoniser les nouvelles normes de reporting, afin de garantir la transparence des stratégies et diverses structures de commissions. La plupart de ces changements découlent directement de l'affaire Madoff.
Afin de se conformer à ces nouvelles normes, les coûts pour le secteur ont connu une hausse spectaculaire. La concurrence pour acquérir et conserver de nouveaux clients est par conséquence plus serrée que jamais. Le tout dans un contexte de marché de plus en plus complexe, caractérisé par une baisse durable de la volatilité. Cette situation a attiré lâattention des clients sur les nouveaux frais généraux liés à lâactivité, incitant bon nombre dâentre eux à gérer leurs actifs au moyen de stratégies dites passives, associées à des commissions plus faibles.
Lâévolution du comportement des investisseurs, les technologies disruptives et le renforcement de la réglementation modifient ainsi lâécosystème de la gestion de fonds. Afin de relever ces défis, les sociétés de gestion doivent désormais concevoir et mettre en place des solutions innovantes pour conserver une longueur dâavance afin survivre dans la décennie à venir.
PWC déclare dans son dernier rapport intitulé « Asset & Wealth Management Revolution: Embracing Exponential Change » que les actifs mondiaux sous gestion passeront de 85 000 milliards de dollars américains en 2017 à environ 145 000 milliards de dollars américains en 2025.
Quels changements les gérants de fonds institutionnels devront-ils opérer pour faire face à cette nouvelle ère ?
Dans un environnement réglementaire imposant des exigences transfrontalières supplémentaires et une transparence accrue, lâarrivée de technologies disruptives améliorant les chaînes de valeur traditionnelles est imminente. Les activités de recherche et de gestion de portefeuille, les processus de back et de middle-office ainsi que la distribution devront être optimisés technologiquement afin dâêtre non seulement en conformité avec le nouveau cadre réglementaire mais aussi de limiter les coûts.
Alors que les stratégies passives peu couteuses gagnent des parts de marché, les acteurs les plus importants bénéficieront dâéconomies dâéchelle. Lâindustrie a été contrainte de développer une expérience client modernisée, avec une interface numérique, afin dâobtenir la transparence requise tout en essayant de réduire certains coûts opérationnels. Les coûts autrefois cachés ne pourront plus être intégrés dans les transactions du courtier, mais devront être supportés par le gérant de fonds ; la masse sous gestions des gérants de fonds sera prépondérante pour absorber ces coûts supplémentaires. Seuls ceux capables de sâadapter à ce nouvel environnement en récolteront les bénéfices.
Les stratégies actives spécifiques connaîtront encore une croissance régulière, quand bien même la volatilité, les turbulences politiques et l'éventualité de guerres commerciales continuent de menacer. Cependant, de nouvelles allocations dâactifs porteront sur les stratégies gérées passivement et les classes dâactifs alternatifs, comme lâa évoqué PWC dans son rapport.
à l'avenir, les infrastructures, lâimmobilier et le private equity devraient occuper une place accrue au sein des portefeuilles. Effet collatéral de la recherche dâéconomies dâéchelle et dâélargissement de la gamme des stratégies, on constate un regain dâactivité des fusions et acquisitions au sein de la gestion institutionnelle.
Outre les gestionnaires de fonds spécialisés qui pourront répondre aux besoins spécifiques de clients, la gestion institutionnelle devra sâadapter à la technologie. La recherche de rentabilité passera par des économies dâéchelle, ou par des propositions de valeur ajoutée. Il est évident que le nouveau cadre de réglementation et de transparence sâest imposé comme la nouvelle norme. Les premiers à adopter les technologies disruptives intégrant les aspects réglementaires au sein dâun nouvel écosystème convivial seront les gagnants de demain.

