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02/05/2016
Reyl & Cie se lance avec un Genevois sur le marché iranien - Interview de Pasha Bakhtiar

Pasha Bakhtiar croit à la profitabilité de l’investissement dans l’Etat perse sur cinq ou dix ans.

Les rivalités, voire les hostilités entre l’Iran et l’Arabie saoudite persistent au Moyen-Orient. Les deux puissances régionales ne cessent en outre de se chamailler sur le plafonnement éventuel de leur production respective de pétrole. Il n’empêche que les sanctions économiques et financières, liées au programme nucléaire de l’Etat perse, ont été levées le 16 janvier. Dans ce contexte, ce pays suscite de plus en plus de convoitises.

Les chancelleries se mobilisent. Le chef du département fédéral de l’économie, Johann Schneider-Ammann, et le conseiller d’Etat responsable de l’économie à Genève, Pierre Maudet, viennent d’avoir chacun des deux leur propre visite officielle en Iran. Les deux magistrats n’ayant pas manqué à cette occasion d’être accompagnés de fortes délégations de représentants de l’économie helvétique. L’issue des dernières élections législatives iraniennes stimulent encore l’engouement : avec leur liste « Espoir » les alliés réformateurs et modérés du président Hassan Rohani ont remporté 41% des sièges.

Ce lundi, Teheran et Seoul ont manifesté leur intention de multiplier par trois leurs échanges commerciaux. A Genève, Pasha Bakhtiar, associé et directeur général de Reyl Finance (MEA) Ltd (domicilié à Dubaï), a reçu les représentants de la place financière suisse à l’Hôtel Beau-Rivage pour leur présenter le fonds de private equitiy (investissement dans des sociétés non cotées) mis sur pied avec le gérant d’actifs iranien Turquoise Partners.

Le contrôle de l’économie par l’Etat et l’armée, ou par des structures monopolistiques comme les fondations révolutionnaires, demeure important en Iran. Cet état de fait ne dissuade-t-il pas l’investissement ?

Ce serait faux de prétendre que cela ne dissuade pas. L’investissement en Iran n’est en plus pas encore si simple. Nous évitons donc les secteurs où les pouvoirs publics sont les plus présents: comme les télécommunications, la pétrochimie ou la construction. Notre fonds met l’accent sur des entreprises actives dans les biens de consommation. Plus de 80% d’entre elles sont constituées par des familles et n’ont aucun lien avec l’Etat. A l’instar d’une firme produisant des jus de fruit, fabriqués avec des produits fournis par l’agriculture iranienne. Son chiffre d’affaires stagne depuis dix ans faute d’efforts financiers possibles en stratégie et en marketing. Après la levée des sanctions, l’investissement dans un plan de croissance pour une telle entreprise apparaît dès lors comme une perspective réellement intéressante pour nos clients.

Dans ce cas, pourquoi la banque genevoise Reyl & Cie SA n’a-t-elle pas participé aux voyages officiels de Johann Schneider-Ammann et Pierre Maudet ?

Je ne pense pas que nous ayons été invités. La présence des plus grandes banques s’avère en fait davantage sollicitée dans ces voyages. Ces établissements ne sont pourtant de loin pas les plus actifs sur le marché iranien.

Vu l’évolution des cours du brut, l’Iran, comme tant d’autres pays producteurs, doit d’urgence diversifier son économie. Cette réalité ne renforce-t-elle pas la force commerciale de votre offre ?

Je pense que oui. Mais évitons toute confusion ! Environ 90% de l’économie saoudienne dépend de la production de pétrole. Pour l’Etat perse il ne s’agit que de 10%. Cela augmentera certes rapidement. Le secteur s’est en effet révélé longtemps sous-investi, notamment du fait du poids des sanctions. Il n’empêche que les impératifs réels de diversification de l’économie iranienne requièrent de nouveaux types de capitaux. Les capitaux privés et patients sont les plus recherchés. Il ne faut en effet pas s’engager sur le marché iranien pour rechercher du profit à court terme. Les rendements devraient se confirmer sur des délais de cinq à dix ans.

Directes ou indirectes, de vives hostilités se prolongent entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Cette réalité vous inspirent-elles des craintes ?

Les tensions sont visibles et des conflits militaires régionaux entre les deux Etats ne peuvent certes pas être niés. Je ne pense pas pour autant qu’il ne faut pas investir en Iran. Les croissances iranienne et saoudienne peuvent parfaitement coexister. La situation actuelle ne remet donc pas du tout en cause notre stratégie et notre offre sur le marché iranien.

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